Médiation
Médiation : valorisation, participation et promotion

Préambule
Dans ce dernier chapitre, nous avons souhaité mettre l'accent sur la médiation à l'art en espace public. Nous l'avons divisé en trois champs intrinsèquement liés et perméables :
Valorisation in situ
La mise en valeur dans le contexte urbain se réfléchit en amont de la commande.
La dimension paysagère et/ou scénographique devra être étudiée de concert avec l'artiste, le commanditaire de l'œuvre et toute personne impliquée dans la gestion et la construction de l'environnement de l'oeuvre. Cela peut aller du project manager d'un projet d'aménagement, de construction ou de rénovation (voirie, bâtiment, etc.), au propriétaire des lieux, en passant par le gestionnaire de l'œuvre ou le bureau en charge du projet d'aménagement (paysager ou architecte).
Idéalement, cette étude paysagère et/ou scénographique se fera en deux temps :
TEMPS 1 : dans le cadre de l'analyse contextuelle, les différentes parties prenantes auront été contactées
TEMPS 2 : après la sélection de l'artiste en phase d'avant-projet et de projet, les différentes parties prenantes sont rassemblées autour du projet de l'artiste afin que celui-ci formule ses demandes.
L'éclairage de l'œuvre, intimement liée à la question paysagère et scénographique, sera étudiée en phase avant-projet et projet, avec l'artiste retenu.
Point d'attention : si l'ajout d'un éclairage est impossible et/ou que la situation paysagère doit rester inchangée (ou de manière très minime notamment dans le cadre d'un site classé), il est entendu que cette information figurera dans l'analyse contextuelle.
La mise en place d'un cartel avec le titre de l'œuvre, l'année d'inauguration, le nom de l'artiste, le(s) matériaux (à minima) est primordial. L'ajout d'un QR-code renvoyant à la fiche de l'œuvre sur le site de l'inventaire du Patrimoine mobilier de la RBC est un atout.
La valorisation se poursuivra pendant toute la durée de monstration de l'œuvre (pérenne ou temporaire) par l'entretien constant de l'œuvre et ses abords. Pour ce faire une fiche descriptive d'entretien est fournie au gestionnaire de l'œuvre et/ou, si nécessaire, au gestionnaire du site.
Participation citoyenne
Le fait d'impliquer les usagers dans le processus est essentiel pour la qualité de l'intégration. La participation permet une meilleure appropriation par le public et aussi de créer une communauté autour de l'œuvre. Cette communauté deviendra ambassadrice de l'œuvre.
Comme prérequis aux exemples énoncés ci-dessous, nous avons repris les définitions des différents niveaux de la participation du glossaire mis en place par Perspective.brussels.
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Niveaux de participation |
Description |
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0. Information (1) |
Mettre à disposition des informations, mais aussi faciliter leur appropriation, pour faire connaître et expliquer des politiques publiques ou un projet en particulier. |
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1. Consultation |
Recueillir des avis sur un thème ou un projet, pour aider à la prise de décision, avec un retour argumenté sur les raisons de la prise en compte ou non. |
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2. Concertation |
La concertation s'inscrit dans le cadre d'un dialogue où un décideur public ou privé demande un avis sur un projet et souhaite dialoguer avec les parties prenantes avant de prendre sa décision. La concertation se distingue de la consultation en intervenant en amont de la décision et vise à parvenir à des propositions acceptées par toutes les parties impliquées, des orientations ou des projets. |
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3. Co-construction |
Impliquer un large éventail d’acteurs pour les associer à l’élaboration ou la mise en œuvre d’une politique ou d’un projet. La co-construction est un processus collaboratif dans lequel plusieurs parties travaillent ensemble pour créer quelque chose. |
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4. Codécision |
La codécision dans un processus participatif fait référence à un modèle dans lequel les parties prenantes collaborent activement pour prendre des décisions communes. La codécision implique que les différentes parties impliquées participent pleinement et, idéalement, de manière égale au processus décisionnel. |
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5. Délégation |
Le terme "délégation" fait référence à un processus de transfert total ou partiel du pouvoir d'action vers le citoyen dans le cadre d'un projet participatif. |
[1] L’information est considérée comme étant le niveau 0 dans l’échelle. La phase d'information dans les processus de participation joue un rôle central pour garantir que les participants disposent des connaissances et des informations nécessaires pour contribuer de manière pertinente à la prise de décision ou à la résolution de problèmes. Cette étape est essentielle, mais non suffisante pour qualifier un processus de participatif.
Exemples d'application au champ de l'Art en Espace Public (non exhaustifs)
Niveau 0 - Information : communiquer sur les réseaux sociaux et sites internet, organiser un affichage in situ ou encore prévoir un stand. La communication doit se faire de différentes manières pendant toute la durée du processus de la commande artistique (avant, pendant et après). Un plan de communication sera esquissé afin de ne pas oublier une des étapes.
Niveau 1 - Consultation : organiser une ou plusieurs réunions pendant la(es)quel(s) on communique sur la volonté d'intégrer une œuvre d'art et où l'on donne l'opportunité aux usagers/habitants de s'exprimer. Les avis et remarques sont récoltés et permettent de mieux orienter la description contextuelle : limite et périmètre, exprimer les attentes des usagers, etc. Ces éléments permettent au comité artistique de mieux orienter sa sélection et aux artistes de travailler avec des contraintes et/ou attentes spécifiques. Tous les avis et remarques ne sont pas repris tels quels, le comité d'avis les challenge et argumente ceux qui ne sont pas repris. Au moment où l'artiste est présenté, il faudra pouvoir faire le lien entre les avis reçus et la sélection, voire la défendre. L'enregistrement et la rigueur du traitement des avis doit être scrupuleux.
Niveau 2 - Concertation : organiser des réunions avec les habitants utilisateurs du lieu pour définir les enjeux du futur projet en amont (→ voir consultation) mais en allant plus loin : sensibiliser à l'art notamment en organisant des moments où les utilisateurs sont confrontés à des artistes (discussions avec un artiste, visite d'exposition, etc.). Cette concertation se déroule sur plusieurs moments et peut être confiée à un organisme externe qui organisera ces différents moments sur le site (voir PDF sur le processus de concertation réalisé par la SLRB dans le cadre du 101e%). En fonction de l'artiste désigné, la concertation peut continuer tout au long du processus de création.
Niveau 3 - Co-construction : en amont du projet d'intégration d'une œuvre, mise en place d'un comité d'avis rassemblant un large éventail des acteurs-clés dont des représentants des riverains/usagers, experts en art, gestionnaire du lieu, propriétaire de l'œuvre, etc. Ce comité élabore l'analyse contextuelle, définira les enjeux et participera à l'élaboration des critères de sélection. Le comité d'avis comprend des usagers qui seront présents pendant tout le processus de création jusqu'au placement de l'œuvre sur le site. Dans ce processus, les habitants sont cocréateurs de l'œuvre. Une attention sera portée à la représentativité des usagers : un processus de désignation démocratique des représentants doit être mis en place.
Niveau 4 - Codécision : organiser un vote du public sur base de trois variantes, chacune réalisée par un artiste différent (et jamais un seul et même artiste). Les artistes proposés ont été au préalable présélectionnés par un comité d'avis dans lequel minimum deux représentants des riverains sont conviés. Cela se fait notamment dans le cadre de projet temporaire au budget limité (fresque urbaine, évènement).
Niveau 5 - Délégation: une association de quartier ou institution culturelle soumet un processus et/ou un artiste pour un espace avec lequel il est en lien. Le gestionnaire lui laisse le champ libre aux conditions qu'il aura émises. Le gestionnaire de l'espace peut aussi faire appel à une association pour son expertise (De Nieuwe Opdrachtgevers par ex.). Il confiera à ce partenaire toute la gestion du processus de sélection, de sensibilisation, de mise en œuvre jusqu'à l'inauguration. Parfois, ce partenaire aura même la mission de chercher des subsides pour la mise en œuvre.
Nous avons présenté des exemples de pratiques existantes pour expliquer les différents niveaux de la participation citoyenne. Cette liste est non exhaustive et vouée à évoluer tenant compte des expériences qui ne cessent de se diversifier.
L'important est d'avoir conscience du niveau de participation dans lequel on se trouve en tenant compte du contexte. Ce niveau est communiqué en toute transparence à toutes les personnes informées et impliquées dans le processus. Dans le cadre de cette plateforme, nous préconisons une attention particulière sur la diversité des membres des comités qui devraient comprendre des représentants des citoyens et sur la qualité de l'information auprès des usagers tout au long du processus d'intégration.
Nous conseillons de vous rendre sur le site Le site de la participation citoyenne en Région bruxelloise pour plus d'information.
Promotion
La promotion de l'œuvre d'art se fait lorsque celle-ci est placée in situ. À partir de cet instant T, il est du devoir de son commanditaire, son propriétaire, et/ou de son gestionnaire de mettre tout en œuvre pour en faire sa promotion.
La promotion passe par :
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l'inauguration de l'œuvre ;
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la promotion sur les réseaux sociaux et dans la presse ;
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la présence de l'œuvre dans les différents inventaires existants (site de l'inventaire du Patrimoine mobilier de la Région de Bruxelles-Capitale, base de données interne à l'administration, etc.) ;
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les publications (digitales ou imprimées), la réalisation de vidéos, etc. ;
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la recherche de partenariat (et, éventuellement de subsides) auprès des organismes qui font de la médiation au patrimoine.
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